Janvier rime avec le début des préselections pour le prix Gr'aisne de critique 2016-2017. Deux titres lus déjà

GDC2017#1 Le jour où je suis devenu écrivain de Vincent Cuvellier DoAdo  Rouergue

    Court roman autobiographique de Vincent Cuvellier, auteur de jeunesse aujourd'hui reconnu qui nous raconte ces débuts en tant qu'écrivains. Élève médiocre de 3ème, il quitte l'école, enchaîne les boulots miteux et fini par suivre sa voix : écrire un livre. Il gagne un concours très jeune puis c'est la traversée du désert. Un récit touchant, attachant, qui donne envie de découvrir l'auteur son travail. Personnellement j'ai beaucoup aimé. Mais est-ce que cela va plaire aux élèves ? Il me plaît car il c'est une autobiographie, que cela retrace le cheminement d'un artiste et ses turpitudes, et surtout cela montre le parcours d'un élève atypique.

L'école a été pour moi une longue et incompréhensible épreuve. Je n'ai jamais compris pourquoi j'y allais, pourquoi je devais m’asseoir avec tous ces gens que je ne connaissais pas, que je n'ai pas envie de connaître et d'apprendre des choses que je n'ai pas envie d'apprendre. J'avais l'impression qu'on voulait faire de moi bon petit soldat, on voulait m’apprendre à obéir, mais que jamais on ne expliquait pourquoi je devais obéir. La cassure s’est faite très jeune, en CE2, où le maître nous appelait par nos noms de famille. «Cuvelier, au tableau.» C'est con, hein, mais à huit ans, j'avais envie qu'on appelle Vincent

 

GDC2017#2 X-Ray la crise de Christophe Léon La joie de Lire

     Difficile de résumer ce petit roman. Polyphonique, il donne la parole aux gueules cassées de la crise, de la société d'aujourd'hui. des ados, paumés, des parents au chômage, des mères qui triment, des fils qui ont du mal à grandir, des pères brisés par le système.

Il faut croire que je suis un peu fâchée avec Christpophe Léon. J'ai envie d'aimer, mais au bout du compte, ça ne me correspond pas. Ce chassé-croisé de personnages, des ados mais déjà embourbés dans les problèmes, m'a laissé un peu perplexe. J'ai aimé la justesse des personnages et des situations. J'ai tremblé lors de l'épisode final car je ne voulais pas savoir ce qu'il y avait sous la couverture de la volvo.... Mais chacun d'eux la route débouche sur une impasse. Aucune porte de sortie pour ces vies ratées. Je sais que c'est une réalité, qu'il est nécessaire d'en parler, mais doit-on mettre nos ados face à leurs vies parfois merdiques ?Lire pour moi c'est rêver d'un meilleur, trouver la force de se sortir de sa m****e, s'évader.